J’ai commencé à travailler comme artiste dès l’âge de 6 ans! Ma mère qui est artiste professionnelle, m’emmenait alors avec elle à son travail. Elle exposait, et expose toujours d’ailleurs, ses œuvres dans le cœur du vieux Québec, sur la célèbre rue Du Trésor. Pour suivre son exemple, et pour passer le temps bien sûr, je faisais des dessins, je les exposais sur les murs de pierre de la rue Sainte-Anne aux côtés des portraitistes et je les vendais à un prix fort intéressant: 0,25$ chaque! Je m’étais fixé comme objectif la somme de 20$ en profit pour la fin de l’été. La première journée: 23$. Poussée par ce succès, ce n’était qu’une question de temps avant que je ne récidive!
Pendant 10 ans, je travaillais en saison estivale à faire des tresses brésiliennes, une ornementation pour les cheveux, faites de coton perlé coloré et de perles que je faisais moi-même en argile de polymère cuite. Je pratiquais cette technique toujours dans le Vieux Québec, près de l’endroit où j’exposais mes premières œuvres… 10 ans auparavant!
Je dirais que c’est une question de circonstances qui m’ont amené au monde de la bijouterie et de l’ornementation. En novembre 1999, je suis partie en voyage sur la côte ouest américaine, et en particulier la région de San Francisco. À l’époque, je pensais qu’une excellente façon de financer mon périple serait de faire des tresses brésiliennes dans un endroit bien touristique à San Francisco. Une surprise m’attendait: un policier, dès ma première journée de travail, vient m’interdire de m’installer! Mon voyage était à l’eau! L’agent m’indiqua par contre qu’il serait judicieux d’appliquer pour un permis d’artisane de rue délivré par la ville de San Francisco. Conseil appliqué avec succès! Tout se déroula parfaitement. Le fil de coton et mes perles se transformèrent en bijoux improvisés, colorés et appréciés! J’ai tenu un mini-kiosque dans les rues achalandées de San Francisco pendant la période des Fêtes. Deux constats: le premier, c’est qu’après un mois et demi, à raison de 5 heures de travail par jour, j’avais payé mon hôtel, mes repas dans le quartier italien (mium!) et mon billet d’avion pour le retour au Canada. Tout ça avec seulement deux modèles de colliers et de bracelets, et un kiosque de fortune fait d’une table de camping et de quelques bouts de cartons!!! Le deuxième constat, c’est que cela valait la peine d’aller plus loin!
En janvier 2000, Sophiori est donc officiellement née. Avec le recul, j’ai compris que toutes mes expériences passées ont convergées en Sophiori: aquarelliste pour des artistes professionnels pendant plus de 7 ans, tresseuse pendant 10 ans, l’apprentissage autodidacte des techniques pour transformer l’argile de polymère, mes intérêts et habilités naturels pour tout ce qui est manuel et artistique (peinture, dessin, sculpture, couture, artisanat de tout genre), mes études en arts au cégep et à l’université ainsi que mon diplôme en bijouterie-joaillerie, mon stage en bijouterie à Key West (Floride), etc.
Mes bijoux colorés sont donc le résultat de mes passions pour l’art, la couleur, la texture, l’ornementation et surtout l’amour et la vie!